mercredi 3 août 2011

Les présidents rwandais et ougandais s'affichent à Kigali

Les présidents ougandais, Yoweri Museveni, et rwandais, Paul Kagame, se sont affichés ensemble ce week-end à Kigali pour couper court aux rumeurs de tension entre leurs pays.

Yoweri Museveni a entamé vendredi un voyage officiel de quatre jours au Rwanda, alors que les médias font état d'un climat de méfiance entre les deux voisins. Kigali craindrait, selon ces sources, un appui de Kampala à d'anciens proches de M. Kagame passés dans l'opposition en exil.

Samedi, les deux présidents ont participé dans un quartier de Kigali à la construction de salles de classe dans le cadre de travaux mensuels communautaires, des "umuganda" en rwandais.

"Museveni est un ami et un frère du Rwanda," a déclaré M. Kagame devant la population. "Ce n'est pas la première fois qu'il apporte son umuganda au Rwanda", a-t-il ajouté en allusion à l'aide du président ougandais durant la lutte armée qui a mis fin au génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda.

"Je suis vraiment content", a répondu son invité ougandais en swahili après avoir salué les habitants en rwandais.

MM. Kagame et Museveni, qui devaient se retrouver samedi soir pour un dîner à la maison de campagne du président rwandais, dans l'est du pays, n'ont pas abordé les relations entre les deux pays, laissant le soin à leurs ministres des Affaires étrangères de s'en charger sur les ondes de Radio Rwanda.

Pays "amis"

"Lorsque les gens se rendent des visites, ce n'est pas un signe qu'ils cherchent à résoudre certains problèmes, c'est au contraire un signe qu'ils sont amis", a déclaré le chef de la diplomatie ougandais Sam Kutesa.

Son homologue rwandaise, Louise Mushikiwabo, a renchéri en affirmant que son gouvernement tenait à vivre en paix avec tous les pays, et en particulier les voisins.

Mais le Rwanda n'a pas apprécié l'accueil temporaire accordé par Kampala ces dernières années à d'anciens hauts responsables rwandais qui ont eu maille à partir avec l'homme fort de Kigali.

Parmi eux, figurent l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, et l'ancien patron des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, tous deux tutsi anglophones ayant grandi en Ouganda comme le président Kagame.

Avec d'autres transfuges du régime, ils ont fondé l'an dernier un parti d'opposition en exil, le Congrès national rwandais (RNC), qui appelle au départ du "dictateur".

Kampala soupçonne de son côté Kigali d'entretenir des liens suspects avec l'opposition au président Museveni, selon la presse ougandaise.

Appui militaire au FPR

Les deux chefs d'état sont des frères d'armes, M. Kagame et d'autres anciens réfugiés tutsi rwandais en Ouganda ayant participé sous la direction de M. Museveni à la lutte armée qui a porté ce dernier au pouvoir en 1986.

M. Museveni ne s'est de son côté pas montré ingrat : son appui militaire et diplomatique à la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) fut déterminant pour la prise de Kigali en juillet 1994.

Mais dans les années qui ont suivi, les relations entre les deux capitales ont traversé des moments difficiles.

Les deux pays se sont ainsi militairement affronté en août 1999, pour le contrôle de la ville de Kisangani, en République démocratique du Congo (RDC) où ils soutenaient des groupes rebelles opposés au gouvernement central de Kinshasa. Les armées rwandaise et ougandaise ont encore été aux prises en mai 2000, puis en juin 2002.

JAM

Rwanda : les sourds-muets commencent à se faire comprendre

Stigmatisés dans certaines familles, à l'école et sur le marché de l'emploi, certains sourds-muets réussissent malgré tout à étudier et à créer de petits commerces. Ils montrent ainsi au reste de la société rwandaise qu'ils peuvent communiquer et être indépendants comme tous les autres citoyens.

Dans une annexe d’une église protestante à Kigali, tous les fidèles fixent des yeux Marie Goretti, car cette prédicatrice est sourde tout comme l'assistance. "Éteignez vos téléphones nous sommes dans la maison de Dieu !", fait-elle signe. Parmi les paroissiens présents, Ntigurirwa vient de finir sa licence en gestion dans une université de Kigali. Elle qui s’exprime en langue des signes, juge l'expression "sourd-muet" péjorative et insiste sur ceux qui essaient de parler et communiquent malgré leur handicap.
À la fin du culte, les quelques sourds qui étudient à Gatagara, non commun des écoles pour handicapés fondées par les Frères de la Charité en 1983, et d'autres paroissiens de Kigali expliquent, grâce à une interprète, qu’ils sont victimes du mépris de la société. "Nous fournissons un grand effort pour réussir les études, mais la société reste discriminatoire, car nous ne savons pas nous exprimer avec des mots", fait remarquer une sourde qui étudie à l’Université libre de Kigali.
Ceux qui sont à la fois sourds et muets se sentent en effet souvent oubliés dans certains services qui ne connaissent pas la langue des signes. "Il est difficile d'aller nous faire soigner. Le médecin lui-même ne nous comprend pas !", déplore Nyiraminani. Quant aux campagnes de lutte contre le sida ou pour le planning familial, même les volontaires de santé placés au niveau du village pour parler des causes de certaines maladies ne savent pas communiquer avec les sourds-muets...

Famille, études, emploi
Cette communauté se dit également discriminée au niveau familial. À l'image de Chantal, 14 ans. "Ses parents l'ont abandonnée toute jeune. Ils s'en sont sans doute débarrassés parce qu'ils ne voulaient pas de cette 'chose' qui ne parle pas !", estime Marie Goretti, orpheline, qui a accueilli Chantal chez elle.
En résumé, pour ces enfants, tout semble plus compliqué au quotidien… En classe, ils doivent être attentifs aux mouvements de la bouche de leur professeur pour essayer de comprendre quelques mots. "Heureusement, note un enseignant de Gatagara-Butare, les autres étudiants s'habituent vite à leur langage. Et, quand je dis quelque chose de très important, je demande à un camarade assis à côté d'eux de leur expliquer en langue des signes. Il faut même être vigilant, car pendant l'examen certains trichent en se faisant des signes !" Mais, les professeurs qualifiés manquent. "L'Institut supérieur de l'éducation (KIE) qui forme des professionnels en pédagogie n'a pas de programmes spécialisés", explique un professeur d’université.
Ceux qui travaillent dur et obtiennent de bons résultats dans leurs études ne sont pas au bout de leurs peines... Jeannette, qui a eu la première note de sa faculté de gestion en février passé affirme : "La Banque de Kigali, puis la Brasserie et limonaderie du Rwanda (BRALIRWA) qui m'avaient appréciée grâce à ma note ont refusé de me donner un emploi quand ils ont appris que j'étais sourde !" Jeannette avait été admise dans une université publique comme boursière après avoir réussi l’examen d’État. C’est par cette voie que la plupart des handicapés accèdent aux études supérieures en passant par Gatagara.

Petits entrepreneurs
D'autres, comme Parfait Rwaka parti apprendre l'informatique au Kenya, empruntent d'autres chemins. De retour de l'école secondaire, à 31 ans, ce jeune sourd se dit prêt à se lancer dans un petit business de vente de courant électrique. Cela devrait au départ lui coûter environ 1,5 million de Frw (2 500 $ environ) pour commencer. "J'achèterai l'ordinateur, la photocopieuse et le scanner. Cela m'évitera de mendier !" Il n’est pas le seul à investir comme entrepreneur. Une association d'une dizaine de vendeurs de malles réunis à Muhanga (Sud) attire les clients, curieux de voir comment ces personnes réussissent à communiquer et à commercer. "Pour discuter les prix avec ceux qui ne sont pas habitués à leur langage, ils écrivent sur un papier et l'acheteur répond, ainsi de suite. Ou, quand un client arrive tandis qu'ils sont distraits, nous leur faisons signe", explique un commerçant.
Diverses initiatives viennent compléter cette débrouillardise. Jolanda, une volontaire hollandaise a par exemple ouvert il y a trois mois à Kigali une école pour sourds-muets. Quelque 20 personnes y apprennent la langue des signes. Petit à petit, ces dernières sont moins marginalisées. Même la télévision rwandaise introduit actuellement des interprètes spécialisées dans ses émissions. Dernièrement, cette chaîne a diffusé des images d'un mariage entre sourds. Une première.

Jean de la Croix Tabaro / Syfia Grands Lacs

HIV testing to be quick and cheaper

Kigali: Columbian researcher Samuel K. Sia has developed a small and cheap plastic chip that can reliably diagnose HIV and syphilis within about 15 minutes, already tested in Rwanda the chip could make testing in remote villages a possibility.


The “mChip”, a credit-card-sized piece of plastic that is produced using a plastic injection molding process was designed to be used in resource-poor settings. Field tests in Rwanda showed that the chip works as well as traditional laboratory-based HIV diagnostics.

According to results published in the Nature Medicine, the chip detects 100 per cent of cases when used to test HIV or syphilis and HIV together, with a 4 to 6 per cent false positive rate. The device is estimated to cost $1 (600 Rwandan francs).

Rwandan health officials facilitated the testing of the device in the country with the help of Columbia’s School of Public Health and nongovernmental health organizations.

Researcher Sia and team now hope to use the chip to test pregnant women in Rwanda for HIV and other STDs. “If you catch the diseases in mothers, you can prevent transmission to newborns, increasing clinical impact,” said Sia.

“When you’re in these villages, you may have the drugs for many STDs, but you don’t know who to give treatments to, so the challenge really comes down to diagnostics,” Sia explained in a statement. “Syphilis testing in mothers and pregnant women could reduce the number of years lost due to ill health, disability, or early death by 200,000, in Rwanda.

In remote areas in Rwanda testing for HIV takes time since many clinics and hospitals have to send out blood samples to a national lab.

ARI/RNA

Rwanda : les veuves veulent être propriétaires de leurs biens

Lors de l'opération d'enregistrement des terres en cours au Rwanda, des veuves se sont vues déposséder des biens qu'elles avaient acquis après la mort de leurs maris au profit de leurs belles-familles. Une injustice contraire à la loi, mal connue des femmes et pas toujours bien appliquée par les agents du Centre national des terres.

"A la mort de mon mari, j’ai acheté un terrain à Kigali, mais au moment de l’enregistrer il a été mis au nom de la famille de mon défunt mari", raconte Claire, veuve du génocide. Une autre femme révèle, d'une voix écrasée par les sanglots : "Quand mon mari est mort, on n’avait rien. J’ai eu un travail et grâce à une avance sur mon salaire, j’ai acheté une maison. Maintenant, on me refuse le droit d’en être propriétaire en la mettant sur la succession de mon mari." Marie Immaculée Ingabire, présidente de Transparency Rwanda, affirme que de tels cas sont nombreux surtout à Kigali où les veuves ont appris tôt à se débrouiller pour gagner de l’argent et acheter elles-mêmes des biens, en particulier des terres et des maisons. Lors de l'opération d'enregistrement des terres en cours depuis juillet 2009 dans tout le pays, ces femmes constatent que ces biens ne sont pas mis à leur nom. Pourtant, le contrat de mariage prenant fin à la mort du conjoint, ils leur appartiennent bel et bien. Le problème est qu'avant l'opération actuelle, les possessions des veuves étaient enregistrées sous le nom du mari et le nom de la femme n’apparaissait pas sur les documents.
Pour Elie Nizeyimana, juriste de Haguruka, une organisation de défense des droits de la femme et de l’enfant, la loi de 1999, relative aux régimes matrimoniaux, aux libéralités et à la succession, n'est pas assez explicite : "Il faut prévoir une clause qui montre clairement comment la veuve ou le veuf peut être propriétaire de ses biens propres".

Ignorantes et spoliées


Cependant, la loi de 2005 sur le régime foncier précise bien qu'est reconnu propriétaire d'une terre celui qui l'a acquise selon les règles coutumières ou par achat. Mais, certaines veuves affirment que celle-ci n'est pas toujours respectée lors de l’identification des terres et de ses propriétaires. Ce qui a des conséquences pour ces veuves et leurs enfants : "Si mes biens ne sont pas enregistrés à mon nom, les successeurs de mon mari, notamment les enfants issus d’autres femmes et ses parents, en bénéficient automatiquement alors que je les ai achetés moi-même", constate l'une d'elles. Selon Potin Muvara, conservateur adjoint des titres fonciers au sein du NLC, le Centre national des terres, chargé de l'opération d'enregistrement, la femme doit prouver que ces biens ne sont pas liés au patrimoine de son mari qu'elle doit gérer dans l'intérêt de ses enfants. C'est pourquoi rappelle E. Nizeyimana, la loi de 1999 prévoit un inventaire des biens après la mort de l’un des conjoints et c'est important que les femmes le fassent. La présidente de Transparency est du même avis et déplore aussi que les techniciens du NLC ne donnent pas aux veuves l’occasion de prouver l'origine de leurs biens et enregistrent tout sur la famille du défunt.
Pour un avocat de Kigali, ces situations montrent aussi que les femmes ignorent les lois liées à la gestion du patrimoine familial, ce qui les prive de certains droits. Eugénie, veuve du génocide, le reconnaît : "Je croyais que le contrat de mariage continuait, même après la mort, du moment que je ne remariais pas". C'est pour cette raison qu’elle n’a pas enregistré ses biens propres à son nom. Il faut agir pour permettre à ces veuves d’être propriétaires de leurs propres biens estime M.I. Ingabire : "Il suffit de réunir les membres de la famille et d’identifier les terres que le défunt a laissées et de faire un procès verbal là-dessus. Ainsi, le reste des biens reviendra à la veuve."

Solange Ayanone / Syfia Grands Lacs

mardi 15 mars 2011

Rwanda among top countries to be born a girl

Kigali: Rwanda has been ranked 10th among 54 Commonwealth countries as the best place to be born a girl in a new report published by the Royal Commonwealth Society and the children’s charity group Plan UK.

Rwanda comes as the second best country on the continent following Seychelles which was ranked fourth whilst Sierra Leone and Nigeria are among the worst. New Zealand tops the chart as the best place to be born a girl, closely followed by Barbados and Trinidad and Tobago as the third.The new study titled, Because You’re a Girl: Growing Up in the Commonwealth was published this Monday to mark the Commonwealth’s 2011 theme, ‘Women as Agents of Change’.The report compares how well girls/women are doing relative to boys/men in their country across eight indicators and the data on indicators reflect on various aspects of a girl’s life cycle ranging from survival to achievement.Country scores are graded on 'A' if they score above average, 'B' for average; and 'C' for below average.Rwanda scored highest in the female political participation which it tops globally, got ‘A’s for fertility rate of girls aged 15-19 years and the gender pay gap. As the Commonwealth’s newest member, Rwanda never participated in Commonwealth scholarships or fellowships and scored below average in sports.According to the report, Rwanda’s women are expected to live to an average age of 59, three years longer than men. The report also states that the number of underweight girls is slightly below that of the boys.In terms of education, the report says girls are staying longer than 10 years in school which does not guarantee an adequate education and that it has produced disappointing literacy rates. The report suggested that it was the political will – and not economic wealth – which is most important in advancing gender equality highlighting poor countries that did relatively well than some rich countries.“Our research shows that in those Commonwealth countries that have shown bold political will, there has been great progress towards realising girls’ rights, lifting them out of poverty. Said the Chief Executive of Plan UK, Marie Staunton.


RNA/ARI

Rwanda : très peu de femmes dans les affaires

Manque de connaissances, de confiance en elles, de soutien familial, les femmes rwandaises restent cantonnées au petit commerce informel. Très peu d'entre elles se lancent dans les affaires.

Les femmes rwandaises sont rares dans les affaires et presque invisibles dans le commerce formel alors que, selon les statistiques du ministère du Commerce et de l’Industrie, elles occupent à 58% les affaires informelles comme le petit commerce, l’artisanat… Une étude menée en 2009 par Nil Bassin Initiative, un projet visant la valorisation du bassin du Nil dans 6 pays de la région - Kenya, Ouganda, RD Congo, Rwanda, Soudan et Tanzanie et - a montré que les femmes sont peu nombreuses dans le commerce transfrontalier des vivres tels que le haricot et le maïs alors que ce sont surtout elles qui les cultivent. Selon la même étude, les tâches ménagères, le manque de connaissances et d’expérience, le manque de capital pour obtenir des prêts ainsi que les réticences de leurs conjoints sont les principales raisons qui les empêchent de s'y lancer. C’est aussi le constat de l’ONU qui a recommandé au gouvernement rwandais, lors de la présentation de son rapport sur les droits humains en janvier 2011 à Genève, d’encourager les femmes à s’investir dans le secteur privé. Manque d'information Pour Janet Gahaya, une des seules Rwandaises exportatrices, les femmes ne sont pas suffisamment informées sur les marchés potentiels dans le pays et à l’étranger, ce qui les écarte du commerce formel. D'autant que, pendant longtemps, le commerce transfrontalier était exclusivement une affaire d'hommes. Cependant Rose Nyamuhungu, chef d'entreprise depuis 5 ans, qui gère une petite usine de production de jus de maracuja à Kigali, estime que les femmes éprouvent aussi des difficultés liées à la culture : "Elles n’aiment pas le travail qui les sépare de leurs enfants pendant longtemps. Elles préfèrent faire le petit commerce à côté de chez elles pour s’occuper de leur famille’’. Les formalités administratives exigées pour s'établir officiellement constituent aussi un blocage, estime-t-elle. Pour les remplir, elle-même s’est fait aider par une amie qui s'était lancée avant elle dans les affaires. "Certaines femmes ne connaissent pas la procédure à suivre pour enregistrer leur affaire", constate de fait Annoncée Kuradusenge, coordinatrice du secrétariat chargé de l’artisanat au ministère du Commerce et de l’Industrie.Difficultés d’accès au créditElles ont aussi du mal à obtenir des crédits. Selon Rose, commerçante, les banques n’ont pas confiance dans les projets des femmes : "Nous éprouvons des difficultés à convaincre les banques qui croient que les hommes sont plus expérimentés que nous dans les affaires." En outre, manquant de titres de propriété, elles n'ont pas de caution à présenter. C’est l’avis du Pasteur Mudagiri Joseph, directeur de l'Association pour le développement et la promotion en milieu rural (ADPR) : "Certains hommes refusent d’hypothéquer leurs maisons pour permettre à leur femme d’avoir un crédit". De plus, selon Janet, les femmes ne savent pas bien rédiger des projets et des demandes de crédit. Delphin Ngamije, directeur de Duterimbere ("Avançons"), une institution de micro finance initiée par les femmes, constate pourtant que les femmes sont plus intègres que les hommes et remboursent mieux. Le ministère du Commerce estime que la formation des femmes en gestion et en entreprenariat les aidera à se lancer. Dans ce cadre, une enquête est actuellement menée afin de mieux connaitre les femmes commerçantes et leurs besoins. Rose estime aussi qu’il faut renforcer la chambre des femmes au sein de la fédération du secteur privé, afin de pouvoir les orienter dans les affaires. Pour elle, l’appui de l’homme est indispensable : "Il faut qu’ils acceptent que leurs femmes peuvent réussir les affaires. Leur manque de soutien les bloque énormément." Aloys K., importateur de matériel électronique, reconnait d'ailleurs que les femmes qui ont des compétences font le commerce aussi bien que les hommes : "J’ai des collègues qui sont importateurs comme moi, mais elles font un travail remarquable et leurs affaires marchent."


(Syfia Grands Lacs/Rwanda)

Nord-Kivu : la circulation est libre mais toujours risquée

Il y a deux ans, jour pour jour, l’armée rwandaise quittait la RD Congo après l'action commune menée avec les troupes congolaises pour traquer les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Aujourd'hui, sur les routes du Nord Kivu, transporteurs et passagers ne payent plus de taxes aux rebelles mais l'insécurité est toujours présente.

Depuis six mois, les habitants de Goma peuvent à nouveau apprécier les fromages et yaourts de Lushebere. Une région verdoyante et vallonnée du territoire de Masisi avec de superbes et luxueuses fermes entourées de pâturages à perte de vue. Cette contrée, à 80 km à l’ouest de Goma au Nord-Kivu, est connue pour ses produits laitiers. Des denrées qui étaient rares pendant la guerre qui a opposé les Forces armées de la RD Congo (FARDC) aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de 2004 à 2009. L'action commune des armées congolaise et rwandaise pour traquer les rebelles des FDLR, qui s'est arrêtée le 25 février 2009, a mis fin à la guerre, avec la transformation du CNDP en parti politique. La paix retrouvée a progressivement permis la suppression des taxes parallèles sur les routes du Nord-Kivu. Depuis lors, la capitale provinciale de la province est approvisionnée en légumes, produits laitiers et matériaux de construction en provenance de Masisi. Les transporteurs sont les premiers bénéficiaires de cette libre circulation des personnes et des biens depuis la levée des barrières de Mushaki, à mi-chemin. Pendant la guerre, ce tronçon a été saucissonné entre les différentes forces en présence. C’est à Mushaki, l’ancienne position avancée du CNDP, que les rebelles prélevaient une taxe de 400 $ sur tout véhicule de commerçant alors que chaque passager s’acquittait d’une taxe de 10 à 15 $, par exemple, pour un sac de haricots. Selon un agent de l’Agence nationale de renseignements, ces taxes n’avaient que deux raisons d’être : "Alimenter la guerre et repérer les passagers espions".L’axe de la mortCependant, les FDLR n'ont pas disparu, ils n'ont fait que se disperser. À Kisuma (l’ancienne ligne de front entre le CNDP et la coalition Pareco-FDLR sur l’axe Goma-Masisi), la peur et une lassitude sans nom se lisent sur les visages des passagers à cause des attaques fréquentes des FDLR pour les dévaliser. Mais, malgré cette situation sécuritaire encore incertaine, la circulation sur l’axe Goma-Masisi est très dense. Des passagers avec leurs bagages montent, chaque matin, sur le toit des camions bariolés, bourrés de marchandises pour se rendre à Masisi, "le grenier du Nord-Kivu". Au-delà de la cité de Masisi en allant vers le territoire de Walikale, les civils sont encore victimes des représailles des FDLR pour "avoir collaboré avec les troupes rwandaises", déclare Juvénal Munubo, point focal au Nord-Kivu du Réseau de la société civile pour la réforme du secteur de la sécurité. C'est pourquoi, chaque vendredi à 14 heures, pour rejoindre le marché de Kibua, des centaines de paysans de plusieurs villages de Masisi, de Walikale et des commerçants venus de Goma et de sa région marchent à pied, entre Ouest-Masisi et Est-Walikale, encadrés par les jeeps des casques bleus de la mission de l’Onu. Le lendemain, à la même heure, ployant sous leurs biens, ils retournent à leur point de départ sous escorte onusienne. C'est la seule façon de se protéger des attaques des FDLR, car tout déplacement sans l'escorte des casques bleus fait courir un risque…


(Syfia Grands Lacs/RD Congo)

Nord-Kivu : la circulation est libre mais toujours risquée

Il y a deux ans, jour pour jour, l’armée rwandaise quittait la RD Congo après l'action commune menée avec les troupes congolaises pour traquer les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Aujourd'hui, sur les routes du Nord Kivu, transporteurs et passagers ne payent plus de taxes aux rebelles mais l'insécurité est toujours présente.

Depuis six mois, les habitants de Goma peuvent à nouveau apprécier les fromages et yaourts de Lushebere. Une région verdoyante et vallonnée du territoire de Masisi avec de superbes et luxueuses fermes entourées de pâturages à perte de vue. Cette contrée, à 80 km à l’ouest de Goma au Nord-Kivu, est connue pour ses produits laitiers. Des denrées qui étaient rares pendant la guerre qui a opposé les Forces armées de la RD Congo (FARDC) aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de 2004 à 2009. L'action commune des armées congolaise et rwandaise pour traquer les rebelles des FDLR, qui s'est arrêtée le 25 février 2009, a mis fin à la guerre, avec la transformation du CNDP en parti politique. La paix retrouvée a progressivement permis la suppression des taxes parallèles sur les routes du Nord-Kivu. Depuis lors, la capitale provinciale de la province est approvisionnée en légumes, produits laitiers et matériaux de construction en provenance de Masisi. Les transporteurs sont les premiers bénéficiaires de cette libre circulation des personnes et des biens depuis la levée des barrières de Mushaki, à mi-chemin. Pendant la guerre, ce tronçon a été saucissonné entre les différentes forces en présence. C’est à Mushaki, l’ancienne position avancée du CNDP, que les rebelles prélevaient une taxe de 400 $ sur tout véhicule de commerçant alors que chaque passager s’acquittait d’une taxe de 10 à 15 $, par exemple, pour un sac de haricots. Selon un agent de l’Agence nationale de renseignements, ces taxes n’avaient que deux raisons d’être : "Alimenter la guerre et repérer les passagers espions".L’axe de la mortCependant, les FDLR n'ont pas disparu, ils n'ont fait que se disperser. À Kisuma (l’ancienne ligne de front entre le CNDP et la coalition Pareco-FDLR sur l’axe Goma-Masisi), la peur et une lassitude sans nom se lisent sur les visages des passagers à cause des attaques fréquentes des FDLR pour les dévaliser. Mais, malgré cette situation sécuritaire encore incertaine, la circulation sur l’axe Goma-Masisi est très dense. Des passagers avec leurs bagages montent, chaque matin, sur le toit des camions bariolés, bourrés de marchandises pour se rendre à Masisi, "le grenier du Nord-Kivu". Au-delà de la cité de Masisi en allant vers le territoire de Walikale, les civils sont encore victimes des représailles des FDLR pour "avoir collaboré avec les troupes rwandaises", déclare Juvénal Munubo, point focal au Nord-Kivu du Réseau de la société civile pour la réforme du secteur de la sécurité. C'est pourquoi, chaque vendredi à 14 heures, pour rejoindre le marché de Kibua, des centaines de paysans de plusieurs villages de Masisi, de Walikale et des commerçants venus de Goma et de sa région marchent à pied, entre Ouest-Masisi et Est-Walikale, encadrés par les jeeps des casques bleus de la mission de l’Onu. Le lendemain, à la même heure, ployant sous leurs biens, ils retournent à leur point de départ sous escorte onusienne. C'est la seule façon de se protéger des attaques des FDLR, car tout déplacement sans l'escorte des casques bleus fait courir un risque…


(Syfia Grands Lacs/RD Congo)

mercredi 12 janvier 2011

Abatinzwa mu magereza nkana bakwiye impozamarira - Zainabu Sylivie Kayites

Kuwa 11 Mutarama 2011 mu kiganiro Perezida wa Komisiyo y’Igihugu y’Uburenganzira bwa Muntu Zainabu Sylivie Kayitesi yagiranye n’abanyamakuru mu karere ka Musanze yatangaje ko mu migambi yayo yo muri uyu mwaka itazahwema gukurikirana ikibazo cy’abantu batinda mu ma kasho na gareza zo mu Rwanda.

Yagize ati “ ibyo ntibyarangiriye mu mwaka ushize gusa, ahubwo n’uyu dutangiye tugiye kwihatira kurushaho kureba uburyo ikibazo cy’abantu bafatwa bagafungwa igihe kirenze icyagenwe n’amategeko, cyangwa igihe kirenze igihano bahawe”.

Abajijwe ku kibazo cy’abantu batinda mu magereza, Perezida wa Komisiyo y’Uburenganzira bwa Muntu yatangaje ko komisiyo ayoboye igiye kurushaho kwegera inzego z’ubutabera kugirango habashwe kurebwa ukuntu abo bantu babasha kugezwa imbere y’inkiko maze bakaburanishwa badatinze muri za kasho ndetse bakabasha no gukorerwa amadosiye ku batayafite.

Yakomeje atangaza ko Komisiyo y’Uburenganzira bwa Muntu iyo isanze hari ikibazo cyigaragaye ahantu idahubuka, ahubwo ko ibigendamo buhoro igasaba ko byakemurwa kuva ku nzego zo hasi kugera ku nzego zo hejuru, ibyo ni ukugirango uwarenganye arenganurwe.

Abajijwe impamvu komisiyo y’uburenganzira bwa muntu itajya isohora raporo z’igihembwe kuko byagaragaye ko muri raporo bakora rimwe mu mwaka iyo hari abanenzwe ko batubahiriza uburenganzira bwa muntu bagaragajwe muri raporo bisubiraho maze bigatuma batongera kububangamira, maze asubiza ko bitashoboka kuko ubusanzwe basohora raporo imwe mu mwaka bitewe n’ubushobozi bwabo.

Ati “ Erega ntihashobora gusohoka raporo nyinshi kandi iriya iba ivuga ibikorwa byabaye mu mwaka”.

Aha ariko akaba yaratangaje ko hari izindi raporo ikora n’ubwo zidashyirwa ahagaragara, ko ibyavuye muri izo raporo aribyo biba bikubiye muri raporo ivuga ku bikorwa bya komisiyo bya buri mwaka aho igezwa ku Nteko Ishinga-amategeko.

Iki kiganiro kigufi Perezida wa Komisiyo y’Uburenganzira bwa Muntu akaba yarakigiranye n’abanyamakuru ubwo yatangirzaga amahugurwa y’abanyamakuru bandika ku burenganzira bw’umwana, mu Karere ka Musanze mu Ntara y’amajyaruguru.

Patrick Kambale

lundi 3 janvier 2011

Rwanda: la monogamie exigée par la loi est réclamée par les musulmanes

Les musulmanes du Rwanda, longtemps soumises à la polygamie, en ont assez d'endurer un calvaire au nom de la foi. Elles réclament haut et fort le respect de la loi qui n'autorise que le mariage monogamique propice à l'épanouissement du foyer.

Ce sont les musulmanes de Rwamagana, à l'est du Rwanda, qui ont les premières brisé le silence. "Nous demandons à nos maris de respecter la Constitution du pays qui reconnait seulement le mariage monogamique", lance haut et fort une quinquagénaire de cette région bien connue pour abriter un grand nombre d'adeptes de Mahomet. Les hommes rwandais fidèles à l'Islam, estiment, en se fondant sur le Coran, que la polygamie est autorisée. Nombre d'entre eux prennent plus d'une femme comme concubines et font des dizaines d'enfants. Pourtant, la Constitution du Rwanda, de juin 2003, stipule que "seul le mariage monogamique est reconnu par la loi ". Aujourd’hui, les musulmanes en ont assez. "Au moment où le VIH/Sida fait rage et où chacun est appelé à réguler les naissances, on ne peut plus supporter la polygamie ou le concubinage. C'est cela qui constitue la source principale des conflits familiaux", remarque une femme de Karenge, Ngoma (Est). "Un homme qui couche avec trois ou quatre femmes peut facilement propager les maladies sexuellement transmissibles ou donner naissance à un grand nombre d'enfants qu'il ne sait pas éduquer, ajoute-t-elle. Il lui est difficile aussi de leur trouver des biens comme la terre ou un autre patrimoine". Le Coran pas toujours respecté D'après un technicien foncier, l'enregistrement des terres actuellement en cours a réveillé des conflits familiaux, surtout chez les polygames. Cet avis est partagé par une veuve de 67 ans qui se dispute avec sa coépouse une petite parcelle laissée par leur ancien mari. Cette musulmane de Kigali explique que les femmes des polygames mettent au monde de nombreux enfants souvent pour rivaliser et s'attirer la sympathie de l’homme. "Quand je voyais que ma rivale n'arrêtait pas d'avoir des grossesses, moi aussi je faisais tout pour avoir un nouveau-né, espérant ainsi m'attirer l'affection de notre mari", témoigne-t-elle. "Notre mari n'a rien fait pour donner à chacune de ses épouses un patrimoine pour l'éducation des enfants, constate cette femme âgée dont le voile ne cache pas la colère, alors que le Coran dit que l'homme peut prendre plusieurs femmes quand il est en mesure de les satisfaire en tout." Pour le Sheikh Seleman Byagusetsa, représentant de l'Islam dans la région de Kigali, le niveau de vie actuel au Rwanda ne permet pas de prendre plus d'une femme en respectant ce que préconise le Coran. Pour lui, "la loi civile est claire pour éviter toute tentative de malhonnêteté envers les femmes et les enfants ". "Quand la foi ne coïncide pas avec la loi du pays, il y a beaucoup de risques de mésentente dans la société", remarque-t-il. Lui conseille à ses fidèles de n'avoir qu'une femme, car "cela réduit les jalousies et les conflits en famille". Avis partagé avec Abdalah Temarigwe, un musulman de Nyamirambo. Pour lui, avoir plusieurs femmes contribue à la mauvaise gestion des biens de la famille et appauvrit les foyers. "L'homme qui a des concubines a une favorite, ce qui crée des hostilités entre les rivales. Celui-là ne peut se dire croyant, car le Coran exige de traiter de la même façon ses femmes", ajoute-t-il. Fatiguées d'endurer tout au nom de la foi "Quand j'ai épousé mon mari, j'étais sa troisième femme. J'ai vu mes rivales quitter et d'autres venir. Mon mari ne faisait rien pour faire vivre sa famille, se souvient encore la vieille musulmane de Kigali interrogée plus haut. Lorsque j'en avais assez de supporter seule la famille et de toujours me soumettre aux caprices de mon ancien mari, mes responsables religieux m'enjoignaient de toujours d'obéir, car le Livre saint dit que la femme doit être soumise à l'homme." Aujourd'hui, les jeunes femmes musulmanes ne veulent plus de ces pratiques. "Les musulmans sont très élogieux envers l'État qui reconnaît tous leurs droits. Mais, les autorités doivent aussi faire cesser les mauvais traitements que subissent des musulmanes", suggère une jeune femme de 26 ans de Kiramuruzi (Est). Celle-ci, dont le père avait quatre femmes, est très claire : "Je ne suis pas prête à tolérer la polygamie alors que je n'ai jamais joui de l'affection paternelle et que ma mère a été privée du bonheur conjugal." Les plus âgées aussi n'oublient pas le calvaire qu'elles ont subi. Elles en attribuent l'origine à la mauvaise interprétation des Écritures saintes. En effet, quand ils doivent choisir l'une de leurs femmes pour l'épouser légalement, bon nombre préfèrent la plus jeune des épouses… (Syfia Grands Lacs/Rwanda)

vendredi 31 décembre 2010

Darfur: Sudan forces rape 2 girls near Rwanda base

Kigali: Sudan government forces stationed in the area near the base for Rwanda troops in North Darfur have been accused of raping two girls, looting and wounding several refugees in an attack, according to witnesses and media reports.

Reports from Tawila - where a contingent of Rwandan troops is stationed, indicate that Sudan troops attacked the displaced refugees on Saturday firing in the air with heavy guns. The attack was followed with pillaging and looting of anything they could come across.

When contacted, the Rwanda army spokesman referred RNA to the UNAMID headquarters in Darfur. A senior advisor in the office of Gen. Patrick Nyamvumba, the UNAMID commander, told RNA he was on leave in Rwanda and did not have any details about the incident.

Witnesses told Sudanese Radio Dabanga on Monday that the government forces raped two girls, 15 and 19 years old during the attack. They wounded a man in the leg with gunfire and also killed a donkey.

Other witnesses narrated that that the displaced refugees heard there were 200 vehicles packed with government soldiers coming from Kebkabiya towards Tawila and they fled for protection to UNAMID camp.

Despite running to the UNAMID camp, the government soldiers apparently were not deterred – pursuing the refugees. By press time RNA was still trying to get details from UNAMID headquarters about the attack.

RNA Reporter

L'ONU met en garde le camp Gbagbo contre la tentation de rallumer la guerre civile

Les récents appels du camp Gbagbo à aller « libérer » l’hôtel du Golf où est retranché depuis un mois Alassane Dramane Ouattara inquiètent l’ONU. D’autant que de nouvelles craintes sur de possibles dérapages ethniques se font jour.
Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo, mettra-t-il sa menace à exécution ? Mercredi, il a promis d’aller « libérer à mains nues » le Golf Hôtel d'Abidjan – QG du camp d’Alassane Ouattara - à partir du 1er janvier 2011… Des propos pris très au sérieux par la communauté internationale qui soutient Ouattara, président élu avec 54,1 % des voix lors de la présidentielle du 28 novembre dernier.
« Une attaque contre le Golf Hôtel risque de provoquer des violences à grande échelle qui pourraient rallumer la guerre civile », a prévenu le secrétaire général de l’ONU, Ban ki-Moon. Qui rappelle également que la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, l'Onuci, peut utiliser « tous les moyens nécessaires pour protéger son personnel ainsi que les fonctionnaires d'Etat et les autres civils présents dans l'hôtel », soumis à un blocus routier des forces pro-Gbagbo et protégé par quelque 800 Casques bleus.

Agressions armées
On imagine les conséquences dramatiques que pourrait avoir l’arrivée à l'hôtel de milliers de partisans de Gbagbo face aux blindés de l'Onuci, présentée par le camp Gbagbo – en particulier la télévision d’État la RTI – comme l'allié de Ouattara et un agresseur de la Côte d’Ivoire. En outre, la présence éventuelle parmi eux de provocateurs armés pourrait vraiment faire franchir à la crise ivoirienne un point de non-retour…
Les Casques bleus ont récemment subi plusieurs agressions armées. Dernier incident en date : mercredi, une patrouille a essuyé des tirs d'origine inconnue et a dû répliquer par des tirs de sommation devant une foule hostile. Reste que depuis la venue à Abidjan des trois médiateurs de la Cedeao, mardi dernier, les exactions envers les partisans de Ouattara ont diminué d’intensité. Du 16 au 21 décembre, l’ONU dénombrait 173 morts et 471 arrestations, et seulement 6 morts et vingt enlèvements ou arrestations (dont 3 disparitions forcées) depuis une semaine. Le gouvernement Gbagbo parle quant à lui de 53 morts depuis le 28 novembre, dont 14 membres des forces qui lui sont fidèles.
« Marquage ethnique »
Officiellement, malgré la médiation des présidents béninois Yayi Boni, capverdien Pedro Pires et sierra-léonais Ernest Koroma, la menace d’une intervention militaire de la Cedeao continue de planer sur le régime Gbagbo. Cependant, le Ghana a averti jeudi qu'il n'enverrait pas de troupes chez son voisin ivoirien. Tout en disant préférer l'option diplomatique, Ouattara a appelé jeudi à « aller vite ». « Il est temps d'agir et de sortir de cette situation », a-t-il déclaré. Son camp, qui multiplie les victoires diplomatiques, craint en effet un début de « génocide ».
Le conseiller spécial de l'ONU chargé de la prévention du génocide, Francis Deng, s'est d’ailleurs déclaré « très inquiet », notamment en raison d'informations selon lesquelles des maisons où vivent des opposants de Gbagbo seraient « marquées pour identifier leur ethnie ».
Relatif signe d’ouverture, cependant, plusieurs chaînes de télévision d'information étrangères, qui avaient été interdites début décembre, sont de nouveau autorisées, sauf France 24 et TV5MONDE. Une situation qui correspond à l’arrivée très médiatique à Abdijan des avocats Roland Dumas (ancien ministre des affaires étrangères de François Mitterrand) et Jacques Vergès.

(Avec AFP)

Mort de Floribert Chebeya : Mukalay, l'homme de confiance de Numbi

Le chef des services spéciaux de la police de Kinshasa, Unyon Vakpa, a été entendu dans le cadre du procès pour assassinat de Floribert Chebeya, militant de l’ONG la Voix des sans Voix. L'officier dévoile les liens existant entre l'un de ses subalternes, Daniel Mukalay, et son supérieur le général Numbi.

Un mois et demi après le début du procès des huit policiers impliqués dans la mort du militant congolais des droits de l’homme Floribert Chebeya, le chef des services spéciaux a été entendu par la cour militaire de Kinshasa en tant que témoin.

Le général Innocent Unyon Vakpa a en particulier été interrogé sur ses relations de travail avec ses collègues, et notamment avec le colonel Daniel Mukalay, l’un des principaux suspects dans cette affaire.

« Je ne parlerai pas de la haine. Amitié ? Je dirai non, inimitié oui. Quand votre chef traite directement avec son subalterne en vous "sautant", ça frustre », a déclaré le général Unyon.

« Le colonel Mukalay a la protection de l'échelon supérieur » de la police, a-t-il ajouté, se demandant « pourquoi [son] adjoint [le colonel Mukalay, NDLR] travaille loin de [lui] alors qu'il a un bureau aux services spéciaux ».

Missions discrètes

Innocent Unyon Vakpa a par ailleurs déclaré que le général John Numbi, l'inspecteur de la police suspendu de ses fonctions après la mort de Chebeya mais non inquiété par la justice, confiait à son insu des missions à Mukalay.

John Numbi est mis en cause par les parties civiles, qui dénoncent la protection des autorités dont il bénéficie. Il avait donné rendez-vous à Floribert Chebeya le jour de sa mort. Celui-ci a été retrouvé sans vie dans sa voiture le lendemain. L'entretien n'aurait jamais eu lieu.

Floribert Chebeya, 47 ans, directeur exécutif de l'ONG la Voix des sans voix (VSV), a été retrouvé le 2 juin sur une route à la périphérie de Kinshasa. Son chauffeur, Fidèle Bazana, qui l'avait accompagné au rendez-vous, est toujours porté disparu. Pour la VSV, les deux hommes ont été assassinés. Reste à déterminer les circonstances du crime et les coupables.

Déserteurs

La cour militaire de Kinshasa a fixé la prochaine audience au 6 janvier.

Les huit policiers, dont trois sont en fuite, sont accusés notamment d' « association de malfaiteurs, assassinat et enlèvement ». Ceux qui ne sont pas présents au procès sont également jugés pour « désertion ».

Quelques jours après l’assassinat, le colonel Daniel Mukalay serait passé aux aveux, selon une source proche de la présidence. Il aurait expliqué n’avoir été qu’un simple exécutant » et aurait « mis en cause » John Numbi.

(Avec AFP)

mercredi 27 octobre 2010

Urukiko rwemeje ko Ingabire na Major Uwumuremyi bafungwa by’agateganyo

Kuri uyu wa kabiri tariki ya 26 Ukwakira urukiko rwisumbuye rwa Gasaba rwategetse ko Madame Ingabire Umuhoza Victoire, umukuru w’umutwe wa politiki FDU-Inkingi utaremerwa mu Rwanda na Major Vital Uwumuremyi bafungwa by’agateganyo iminsi mirongo itatu mbere y’uko urubanza rwabo rutangira kuburanishwa mu mizi kuko ibyo baregwa bikomeye.

Ingabire Victoire na Major Uwumuremyi binjiye mu rukiko bambaye amapingu, baregwa ibyaha byerekeranye no kurema umutwe w'iterabwoba witwa Coalition of Democratic forces (CDF ) hagamijwe guhungabanya ubusugire bw'ibihugu n'umudendezo wa rubanda. Kuri uyu wa mbere Major Uwumuremyi akaba yaremeye ibyo aregwa akanabisabira imbabazi, mu gihe Ingabire we yabihakanye yivuye inyuma, avuga ko ibyo birego bishingiye ku mpamvu za politiki.

Ingabire Victoire yafashwe mu minsi ishize nyuma y’aho umwe mu bari abayobozi ba FDLR ariwe Major Vital Uwumuremyi afatiwe ashaka kwinjira muri Congo, hari tariki 13/10/2010. Nyuma umuvugizi w’ubushinjyacyaha Augustin Nkusi yaje gutangaza ko uwo musirikare na Ingabire bari mu migambi yo gushinga umutwe w’iterabwoba witwa (CDF), ukaba ngo waragombaga gushamikira kuri FDU Inkingi iyobowe na Ingabire.

Bombi bakaba barasabaga kuba bafunguwe by'agateganyo, aho Major Uwumuremyi yasabaga koroherezwa agafungurwa ngo abashe gufasha ubutabera nk'umuntu wemeye icyaha, mu gihe Victoire Ingabire we yavugaga ko ibyaha aregwa bisa n'ubundi n'ibyo yarezwe mu rundi rubanza, akaza gufungurwa by'agateganyo. Ibyo byose urukiko rukaba rwabiteye utwatsi rukemeza ko abaregwa bombi bafungwa by'agateganyo.

Hagati aho kandi Ingabire hari bindi byaha aregwamo n’abandi barwanyi ba FDLR babiri aribo Lt. Col Tharcisse Nditurende na Lt. Col Noel Habiyaremye nabyo byerekeranye no gushaka guhungabanya umutekano w’igihugu bafatanyije na Paul Rusesabagina.

Major Uwumuremyi we yafatiwe muri Congo Kinshasa muri Operasiyo Umoja Wetu yaje gukora kandi ingando zigenewe abarwanyi batahuka bava mu mashyamba ya Kongo, nyuma asubizwa mu buzima busanzwe amaze guhabwa indangamuntu ariko nk’uko nawe ubwe abyemera ageze i Kigaki yakomeje gukorana n’uwitwa Jacky Chan hamwe na Kanyamibwa Jacques ndetse na Ingabire ku birebana no gushinga umutwe CDF. Ubushinjacyaha bwagaragaje ko nyuma y’aho Ingabire agereye mu Rwanda yakomeje gukorana na Major Vital Uwumuremyi mu bikorwa bitandukanye akaba yari no muri komite yari ishinzwe kumwakira ndetse akaba ari nawe washakiye Ingabire icumbi ndetse asinya no ku masezerano y’ubukode. Ageze mu Rwanda kandi ngo Ingabire Victoire ibikorwa byose byerekeranye no gushinga umutwe wa CDF yabishinze Major Uwumuremyi ngo azabifatanye na Jacob Camba ariwe Kanyamibwa Jacques uba mu Bufaransa, Ingabire we agakurikirana igikorwa cyo kwandikisha umutwe wa FDU Inkingi.

Victoire Ingabire yatahutse mu Rwanda ku itariki ya 16 Mutarama 2010, aje kwandikisha ishyaka rye kugirango azabashe guhatana mu matora y’umukuru w’igihugu yabaye ku itariki ya 09 Kanama. Yatawe muri yombi tariki 14/10/2010, akaba kandi yari yarigeze nanone gutabwa muri yombi na polisi y'igihugu, hari kuwa Gatatu tariki 21/4/2010, kubera ibyaha yaregwaga birimo gushishikariza abagize imitwe y’iterabwoba kurikora, ivangura n’amacakubiri hamwe n’ingengabitekerezo ya Jenoside. Nyuma yaje kurekurwa by'agateganyo, ubu akaba yari agikurikiranwa n'inzego z'ubutabera, aho atari yemerewe gusohoka mu gihugu.

Simbizi Calixte (Kigari / Rwanda)

Haïti : envoi d’une mission médicale d’urgence (26 octobre 2010)

Bernard Kouchner a décidé l’envoi d’ici la fin de la semaine d’une mission médicale en Haïti dans le cadre des efforts internationaux pour lutter contre l’épidémie de choléra qui sévit actuellement dans le pays. Cette mission est dirigée par un spécialiste français de la lutte contre le choléra. Il apportera un appui médical et scientifique au ministère de la Santé haïtien auprès duquel une équipe de coopérants français est déjà sur place.

Par ailleurs, une attention particulière sera apportée aux jeunes enfants, en particulier dans les 300 crèches et orphelinats d’Haïti. Une mission d’appui médicale composée d’un médecin et de deux puéricultrices sera dépêchée dans les prochaines heures depuis les Antilles pour renforcer notre capacité d’action en faveur des enfants dans les domaines de la pédiatrie et la puériculture.

Bernard Kouchner a également décidé d’accorder une subvention exceptionnelle d’un montant de 100 000 euros pour apporter, en partenariat avec la Croix-Rouge française, une aide d’urgence aux structures de la petite enfance menacées par l’épidémie.

Le ministère des Affaires étrangères et européennes étudie parallèlement la possibilité d’un renforcement de la capacité des Centres de Traitement du Choléra. La présence en Haïti de nombreuses ONG, en particulier françaises, facilite la mise en place de centres de traitement du choléra. Plusieurs sont déjà opérationnels dans le nord. Les premiers se mettent en place à Port au Prince. L’Ambassade à Port au Prince et le Centre de crise à Paris sont en relation avec les responsables de ces ONG pour aider ces centres et apporter un soutien logistique. Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères et européennes est en lien avec le programme alimentaire mondial en Amérique centrale pour faciliter l’acheminement de matériels d’hygiène de l’eau.

L’ensemble de ces actions sont conduites en étroite liaison avec les organisations et agences des Nations unies et en premier lieu avec l’Organisation mondiale de la santé.

mardi 26 octobre 2010

Le Rwanda se lance dans les plantes à biodiesel

Produire du carburant à base de plantes, comme le moringa, le jatropha ou le palmier à huile : tel est l'objectif du gouvernement rwandais pour limiter la dépendance énergétique du pays au bois et au pétrole. Mais certains Rwandais sont sceptiques craignant que ces cultures n'empiètent sur les cultures vivrières.

"Notre usine est capable de produire 2 000 litres de biodiesel par jour. Nous approvisionnons ici deux de nos véhicules et ceux de certaines autorités du pays", note Théoneste Ishimwe, technicien de l’usine de biodiesel et de bioéthanol, sise à Mulindi à Kigali. Charles Murigande, ministre de l’Éducation le confirme : "Depuis quatre mois, ma voiture utilise ce biodiesel." Depuis avril, cette usine produit du biodiesel issu de l’huile de palme venue de Goma en RD Congo et du Burundi, dont les cuisines rwandaises sont familières. "On en trouve facilement et nous ne pouvons pas nous permettre d’utiliser le peu d’huile de palme produit au Rwanda et insuffisant pour les Rwandais", insiste le Dr Jean Baptiste Nduwayezu, directeur général de l’Institut rwandais de recherche scientifique et technologique (IRST). D'un grand intérêt pour le pays Depuis l’inauguration de l’usine, les agents de l’IRST sillonnent le pays pour informer les autorités locales, la population et le secteur privé sur la culture des plantes à biodiesel, tels le soja, le moringa et le jatropha. "L’enclavement du Rwanda fait que l’augmentation des produits pétroliers affecte même le quotidien d’un simple citoyen de la colline qui achète du savon, du sel importé ou qui éclaire sa maison grâce à une lampe à pétrole", explique le Dr Nduwayezu pour les convaincre. Les habitants du secteur Kivu à Nyaruguru au Sud semblent convaincus. "Trouver l’énergie nous coûte les yeux de la tête. Si en les cultivant nous pouvions trouver l’énergie qui remplace le bois, ce serait utile pour notre vie quotidienne." À Mulindi, 1litre de biodiesel coûte 823 Frw (1,38 $), celui du diesel dans les stations d’essence 920 Frw (1,55 $). L'État pousse ainsi à la plantation de ces plantes fournisseuses d'énergie. À Nyange, 4 000 jatrophas, baptisé kimaranzara (l'arbre qui met fin à la faim) ont été ainsi plantés en mai: "Chaque famille doit cultiver au moins 100 arbres dans ses parcelles, mélangés avec d’autres cultures et/ou au bord des routes", insiste Cyprien Nsengimana, maire du district Ngororero, à l’Ouest, déterminé à en faire une priorité. Inquiétudes Certains sont toutefois sceptiques. Des habitants de l’Est ont cultivé le moringa en 2003, espérant gagner gros grâce à cette plante médicinale, comme on leur avait assuré. Mais vendu sans contrôle par des marchands ambulants, il a été interdit. Ils se sont crus sauvés par la nouvelle usine, mais leur espoir a été de très courte durée : "Le RSSP (Rural Sector Support Projet) nous a acheté une machine qui devait produire de l’huile à vendre à l’usine. Malheureusement, elle n’a même pas fonctionné une semaine", dénoncent-ils, déçus, contraints d’attendre une année l’arrivée du matériel de rechange. D’autres agriculteurs se plaignent que les nouvelles et nombreuses mesures de politique agricole rendent les choix difficiles : "Ici, à l’Est, des gens cultivent du fourrage pour le bétail. Par ailleurs, il faut appliquer la nouvelle politique de consolidation de terres et la culture d’une même espèce sur un même territoire. Quel choix faire ?" Pour Jean Uwizeyimana, spécialiste en sciences du développement, "le pays doit d’abord assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens. Si au Brésil, par exemple, ce projet a pu réussir, c’est qu’ils ont de grandes étendues." Ce n'est pas le cas au Rwanda. Face à ces inquiétudes, le ministre des Forêts souligne qu’au Rwanda ces plantes peuvent être cultivées au milieu des champs avec des plantes vivrières, près des routes ou le long des fosses antiérosives. Certaines plantes sont mieux adaptées comme le jatropha cultivé sur les terres arides et semi-arides comme celles de la province du Sud et de l’Ouest, où il ne concurrence pas les cultures vivrières, donne ses premières récoltes au bout de 18 mois et vit longtemps. Son huile non comestible est plus facile à transformer en carburant que celle du palmier à huile, dont de nouvelles espèces commencent à être expérimentées dans les régions du Nord. Reste que l’énergie est un problème crucial. La plupart des ménages, en ville ou dans les campagnes, dépendent de la braise ou du bois. Le prix du pétrole, dont la consommation ne cesse d'augmenter est très élevé. Produire localement du biodiesel moins cher a donc des avantages. Selon Éric Kanshahu, chargé de la vulgarisation à l’IRST, si les plantes à biodiesel occupaient 225 000 hectares soit 8 % de toute la superficie nationale, le Rwanda n’aurait plus besoin d’importer de diesel. D'ici là, gasoil et biodiesel peuvent être mélangés, rappellent les agents de l’IRST. Mais certains ont des objections. “Les grandes surfaces au Rwanda sont occupées par les plantations de café et du thé, sources de revenus pour le pays. La moitié de son budget dépendant de l’aide extérieure et l’autre venant des taxes et impôts, l’État accepterait-il de perdre toutes les taxes sur l’essence ?", s’interroge un spécialiste en économie. (Syfia Grands Lacs/Rwanda)

vendredi 1 octobre 2010

Rd Congo : les fonctionnaires mal payés sont peu zélés et corruptibles

(Syfia Grands Lacs/Rd Congo) En Rd Congo, les fonctionnaires attendent souvent plusieurs mois leur très maigre salaire dont ils réclament la revalorisation depuis 2004. Le personnel politique lui, ne s'oublie pas et consomme l'essentiel du budget salarial de la fonction publique. Des retards et des inégalités qui minent la fonction publique et encouragent la corruption.

A Kolwezi, ville minière du Katanga au sud-est de la Rd Congo, les agents et fonctionnaires de l’Etat ne manquent pas d’humour quand ils évoquent la paie de leurs salaires. Ils empruntent les paroles bibliques que les chrétiens répètent quand ils évoquent la venue ou le retour de Jésus sur terre : "On ne connaît ni le jour ni le mois de la paie", ironise Samy Kasembwe, président du Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) à Kolwezi. Fin de septembre, ils attendaient de toucher les salaires de juillet et août. "Etre fonctionnaire est un véritable calvaire", déclare Samy, qui enseigne dans un Institut technique public de la ville.

Estimés à près d’un million, les fonctionnaires congolais ont toujours reproché au gouvernement sa “mauvaise foi” pour trouver une solution à leurs problèmes. "Alors que notre salaire est déjà maigre, l’Etat nous le paie tardivement", dénonce Kabamba Nkole, un huissier qui touche 35 000 Fc (39 $) le mois. Leur mécontentement est renforcé par certaines inégalités constatées ces derniers mois, dans l’application du barème salarial. Le gouvernement a récemment accordé des augmentations aux secrétaires généraux (poste le plus élevé de la Fonction publique), qui touchent 930 000 Fc (1033 $). Médecins et magistrats ont aussi obtenu des augmentations sectorielles, après des mois de grève et de revendications.


La part belle aux politiques

Dans un mémo adressé au Premier ministre en juillet, les syndicats des fonctionnaires dénonçaient une discrimination et une mauvaise répartition des richesses nationales. Ils estimaient, en effet, que le personnel politique consomme 90 % de l’enveloppe salariale du pays, ne laissant que 10 % aux fonctionnaires. Après que le pays ait atteint, en juin dernier, le “Point d’achèvement”, processus qui efface 90 % de sa dette extérieure (près de 14 milliards de dollars), les fonctionnaires s’estiment en droit de bénéficier d’un meilleur traitement. Car le pays ne paie plus chaque mois comme avant, les 50 millions de dollars consacrés au service de la dette. "Nous exigeons l’extension du barème de Mbudi déjà payé aux secrétaires généraux, à toutes les catégories des agents et fonctionnaires de l’Etat…", réclament les syndicats.

Négocié en 2004, le barème de Mbudi avait fixé à 208 $ le salaire de l’huissier et à 2080 $ celui du secrétaire général. Mais son application devait se faire progressivement (par paliers). Aujourd’hui, avec 39 $ payés au fonctionnaire du bas de l’échelon et 1033 $ au plus au gradé, on est très loin du compte. Le gouvernement explique ces retards par le manque des liquidités. "Les recettes de l’Etat sont maigres et ne peuvent couvrir les 42 milliards de Fc (56 millions de dollars) de la masse salariale", explique le ministère congolais du Budget.


La misère entraîne la corruption…

Les syndicats ont aussi toujours réclamé l’uniformisation au niveau national du barème salarial. Il existe en effet des disparités parfois criantes entre Kinshasa et les provinces. Un instituteur gagne en moyenne 46 $ dans la capitale contre 12 $ pour son collègue de la province de Bandundu. Ces écarts sont justifiés, selon le gouvernement, par le coût de la vie qui est plus cher à Kinshasa. "Il est injuste que le salaire d’un huissier de Kinshasa dépasse celui d’un directeur en province", dénonce cependant Eric Monga, Président de l’Intersyndical des fonctionnaires au Katanga.

Tous ces problèmes qui minent depuis de longues années la fonction publique, ont fini par démotiver le personnel de l’administration. Absentéisme, manque de zèle, corruption… ont solidement pris corps dans cet important appareil de l’Etat. Formellement, "le fonctionnaire n’est présent au travail que trois jours sur six, témoigne un agent. Le reste de temps il cherche ailleurs de quoi nourrir sa famille. Et au lieu de 8 heures de travail par jour, il passe 8 heures au travail." Enseignante, Jeannine Mwilu ne trouve pas d’autres explications à ces pratiques désormais courantes dans l’administration publique. "Maintenu dans un état chronique de misère et de non satisfaction de ses besoins primaires, le fonctionnaire qui n’est pas payé succombe à toutes sortes de tentation comme la corruption, le vol, la mendicité…"

PM Makuza attacks Twagiramungu, exiled Army officers, Ingabire

Kigali: In unusually strong comments not known for Prime Minister Bernard Makuza, on Friday he spent more than an hour attacking his predecessor Faustin Twagiramungu, embattled opposition politician Ingabire Victoire and exiled former Army chief General Kayumba Nyamwasa.

October 01 is Patriotism Day in the country – coming from the October 01 1990, the start of the armed rebellion by the Rwanda Patriotic Font (RPF) which would out the government in Rwanda in July 1994. PM Makuza held a press conference – where he summed all the above government critics and other opposition figures as not patriotic.

Looking calm and fresh from being reappointed by President Kagame to lead government, Mr. Makuza started his tirade with exiled ex-premier Twagiramungu.

He accused Twagiramungu of negating the 1994 Genocide against Tutsis – after the ex-PM testified as a defense witness at the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR). Mr. Twagiramungu has testified for different suspects at the Tanzania-based since he was thrown out of government in 1995 – at some point claiming the RPF is responsible for the Tutsi Genocide. He was replaced by Pierre Celestin Rwigema - then came in Makuza in early 2000.

PM Makuza, who was now sounding furious at the press conference, wondered how Twagiramungu would deny the Genocide was planned when life-term-serving former Premier during the Genocide, Jean Kambanda, had admitted otherwise.

“Is that really being patriotic?” asked Makuza. “How can [Twagiramungu] say otherwise when those being tried at [ICTR] have admitted that they planned to exterminate Tutsis?”

“Even those like [Col Theoneste] Bagosora who executed the Genocide have admitted that they had planned the end of Rwanda calling it the apocalypse…then [Twagiramungu] says there was no planning.”

Twagiramungu incompetent

According to Makuza, the former PM also at some point in either 1994 or 1995 mocked the three-month Genocide moarning period arguing that it was not necessary. Makuza said Twagiramungu had politicized the “pain” that Tutsis who had lost entire families were going through.

The Prime Minister claimed that Twagiramungu reaffirmed the same comments denying the Genocide against Tutsis in the French Senate. Makuza did not elaborate, but at some point described his predecessor as incompetent.

“Some of these things just provoke anger,” said the PM, throwing his hands in air in apparent disgust.

The Prime Minister also said Twagiramungu did not merit the 3% votes which he got in the 2003 presidential elections. Incumbent Kagame scooped some 95.6% of the ballots – forcing Twagiramungu to disappear in oblivion until recently when he started attacking President Kagame and his government.

Greedy officials

Done with Twagiramungu, the Prime Minister turned to Lt. General Faustin Kayumba Nyamwasa - a former army chief who survived a June assassination attempt in South Africa; Col Patrick Karegeya - a former intelligence chief who fled Rwanda in 2007; Theogene Rudasingwa - a former President Kagame chief of staff, and Gerald Gahima, former prosecutor general.

Without elaborating, Makuza said the four are “greedy” – affirming the government position that they fled the country after they realized they would be prosecuted for crimes including corruption.

“By coming out to make baseless accusations, they have made Rwandans to understand who they are and there motives,” said Makuza.

He said the four former top officials have formed an alliance with embattled opposition politician Ingabire Victoire – with each often speaking in defense of each other.

“They can defend each other because they seem to have the same intention of grabbing everything from Rwandans instead of working for them,” said Makuza.

"Who sent you to speak for Hutus?"

In early September, the four former RPF top officials authored a 60-page document in which they called for the armed overthrow of President Kagame – also making several allegations which have been vehemently dismissed in Kigali.

Makuza dismissed the threat of war from the officers – saying Rwandans have “tested war and peace” and are ready to fight to protect their country. According to Makuza, the four officials have no sense of manhood which would enable them to accept when they are removed from senior government positions.

“There is nothing they can change on the positive political path that Rwandans voted for…which they have tested…” said Makuza, in possible reference to the recent reelection of President Kagame.

“Patriotism is working for the country whether in government or not, in the army or not…” said Makuza, also demanding that the four come out as men to plead for forgiveness for their mistakes.

“That is how our politics has been built,” he said, adding "They claim to be speaking for Hutus. Who sent them anyway...because [Hutus] already have a spokesman whom they elected - President Paul Kagame...You are speaking as who?"

Commenting on the recent interview that Gerald Gahima had on BBC Kinyarwanda service dismissing the August 09 elections in which President Kagame carried 93.08%, Makusa called the issues raised in the interview insulting.

“What moral authority does Gahima have to speak about elections in Rwandan when he did not even vote,” said Makuza.

After the opening statement at the press conference in which he spoke for more than an hour, Makuza answered some questions which centered largely on the controversial UN report which was released today. Internal issues were also discussed.

More programs are planned on state TV and radio to commemorate Patriotism Day.

RNA/RNA

Kayumba, Karegeya, Gahima… « Ne vous comparez pas à Kagame »

Kigali : A l’occasion de la journée du 1er octobre appelée « Patriotism Day » au Rwanda, le Premier Ministre rwandais Bernard Makuza a vivement fustigé quelques anciennes personnalités rwandaises qui critiquent le régime de Kigali et le Président Paul Kagame.

Au cours d’une conférence de presse organisée dans la salle de conférence de la Primature, Makuza n’a pas hésité à blâmer Rudasingwa [Théogène, NDLR] et Gahima [Gérard, NDLR] qui ont récemment publié des « documents mensongers sur le Rwanda et le Président Kagame ». Allusion sur un document volumineux publié dans les médias il y a un peu plus d’un mois et coécrit par le Général Kayumba Nyamwasa, le Colonel Patrick Karegeya, Théogène Rudasingwa et Gérard Gahima.

« De quel droit osent-ils ? », s’est demandé Makuza. Selon le Premier Ministre, les écrits de ces gens ont permis aux Rwandais de mieux les connaître. Et le Premier Ministre d’ironiser : « Nous entendons ces derniers jours dans les médias Ingabire [Victoire, présidente d’un parti d’opposition non encore agréé] qui défend Rudasingwa ». Pour Makuza, ces gens (le groupe de Rudasingwa et Ingabire) doivent avoir un même projet qui n’a rien à voir avec le bonheur du peuple rwandais.

Au cours de cette conférence de presse, Mr Makuza n’a pas épargné Faustin Twagiramungu, un de ses prédécesseurs au poste de Premier Ministre qui, selon lui, nierait la préparation du génocide des Tutsi dans ses témoignages au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).

Reprenant presque les mots du Président Kagame, le Premier Ministre Makuza a demandé à ces détracteurs du régime de cesser de parler de Kagame et de ne pas se comparer à lui. « Certes vous êtes tous des Rwandais, mais vous n’avez rien en commun en termes de vision pour le Rwanda ».
La conférence de presse du Premier Ministre a été aussi l’occasion de louer le pas franchi sur la voie du développement dans tous les domaines : Education, économie, bonne gouvernance, égalité homme-femme, tourisme, etc.
Il y a 20 ans jour pour jour, le FPR, alors un mouvement rebelle, lançait contre le Rwanda une attaque qui aboutira à la prise du pouvoir en juillet 1994. Cette prise du pouvoir a coïncidé avec l’arrêt du génocide par l’Armée Patriotique Rwandaise. Bien que cette journée ne soit pas fériée au Rwanda, elle reste une date chargée d’un symbole fort : « Le jour où la guerre de libération a été lancée ».

ARI/RNA